L'opération de recherche "Structure et Interprétation" réunit les travaux du laboratoire autour de deux thématiques principales :
 
- des questions d'architecture de grammaire, abordées dans une perspective comparative, dans le but de comprendre comment concevoir et modéliser l'interface entre (morpho)syntaxe, sémantique et pragmatique, plus précisément comment articuler les représentations (morpho)syntaxiques avec la construction d'interprétations sémantiques au niveau de la phrase et du discours.

- des questions concernant la compétition et l'interaction entre grammaires pour les locuteurs que l'on peut voir comme ayant des grammaires multiples. A travers des études d'acquisition L1, L2, bilingue ou en tant que langue d'héritage, nous cherchons à comprendre ce que ça veut connaître et acquérir une langue et, lorsqu'il s'agit de grammaires en développement ou en contact, quelles sont les relations qui s'établissent entre ces différentes grammaires.
 

Deux thématiques principales de recherche


L'approche comparative adoptée dans les travaux menés dans le cadre de l'opération Structure et Interprétation, les domaines empiriques variés sur lesquels ils s'appuient, ainsi que les données issues de différentes méthodologies complémentaires (élicitation, recueil de données spontanées, corpus, protocoles expérimentaux avec des tâches de compréhension ou de production induite) nourrissent et enrichissent les questionnements théoriques au coeur de nos recherches et contribuent ainsi à apporter des réponses inédites.
►  Les travaux sur des questions d'architecture de la grammaire
concernent la division de travail entre différentes composantes de la compétence d'un locuteur :

L'articulation entre (morpho)syntaxe et sémantique, à travers l'étude de différents cas où il n'y pas de correspondance parfaite entre la forme de la phrase et l'interprétation qu'on y associe, ainsi que la variation à travers les langues qui existe dans ce domaine:
- éléments présents au niveau de l'interprétation mais pas au niveau de la forme (ex. référence temporelle dans les langues sans temps morphologique, arguments nuls, questions cachées, distributivité, questions multiples, coordination, transfert de prédicats, reconstruction).
- éléments présents au niveau de la forme mais pas au niveau de l'interprétation (ex. concordance négative, concordance des temps et référence temporelle, pronoms résomptifs, genre grammatical).

L''interface de la syntaxe et la sémantique avec la pragmatique : comment et à quel moment les processus inférentiels et discursifs affectent la grammaticalité ou l'interprétation d'une phrase?

Le rôle de la compétition dans la grammaire ou dans le discours
- entre différentes formes linguistiques (ex. sémantique des alternatives, indéfinis épistémiques, phénomènes de polarité, antiprésuppositions, expressions anaphoriques, marqueurs temporels et aspectuels),
- entre stratégies discursives (coopération versus évitement). - la variation (morpho)syntaxique ou lexicale, à travers les contextes ou lors du passage d'une langue à une autre s'inscrivent dans ce même cadre.

La multimodalité : le statut linguistique et le rôle des gestes et de la prosodie, ou les répétitions, pauses, cassures, blocages dans la langue parlée.
►  Les questions sur la compétition et l'interaction entre grammaires
portent sur des grammaires en changement ou développement, lors du processus d'acquisition ou d'apprentissage et sur des grammaires en contact, dans les situations où un locuteur est exposé à plus d'une langue.

Les recherches sur ce sujet visent à déterminer si l'on a affaire à une seule ou plusieurs grammaires et, dans le cas de grammaires multiples, quelle est la relation ou l'interaction entre elles. Les travaux menés au LLING mettent en évidence l'existence de grammaires multiples ou intermédiaires
- dans le langage enfantin, en acquisition L1 (ex. temps, aspect, quantification, distributivité, polarité)
- en acquisition L2/L3 (ex. négation, temps verbaux, référence spatiale, déterminants et pronoms)

La question des grammaires multiples est également abordée dans un domaine empirique nouveau et dans une nouvelle perspective théorique à travers des travaux sur les langues d'héritage - langue acquise au même titre qu'une langue native, dès la plus tendre enfance dans le milieu familial, mais qui n'est pas la langue parlée par la communauté dominante à l'extérieur du foyer, et pour laquelle il n'y a pas de convergence sur la langue adulte (voir projet Atheme et école thématique pour plus de détails):
- quelle est la relation entre compréhension et production: dans quelle mesure peut-on parler de compétence native pour des locuteurs de langue d'héritage qui ont une très bonne compréhension, mais pas ou peu de production?
- quel est le rôle de l'input et de l'usage dans la compétence qu'un locuteur arrive à avoir dans une langue donnée.

►  Pour + de détails, voir les pages des membres du LLING et leurs thématiques de recherches dans la rubrique "Formation doctorale".


Séminaire SynSem


Les membres de l'opération animent un séminaire SynSem dans lequel ils présentent leurs travaux en cours et dans lequel ils accueillent régulièrement des conférenciers internationaux :  ►  voir le calendrier et la programmation pour 2017-2018.